Paul-André Rosental, Destins de l’eugénisme

Imaginez une cité-jardin résidentielle offrant des conditions exceptionnelles à des couples choisis qui s’engagent sur un contrat de procréation… Localisée au pied du Parlement européen à Strasbourg, cette expérimentation grandeur nature dura des années 1920 aux années 1980 grâce au soutien des pouvoirs publics.

Synthèse de l’eugénisme britannique, allemand et français, ce projet visait à « accélérer l’évolution de l’espèce humaine ». Le créateur de ce « laboratoire humain », Alfred Dachert, était un homme d’affaires qui se rêvait en poète tragique de l’eugénisme, en Ibsen alsacien.

Paul-André Rosental explore cette entreprise politique et scientifique en se fondant sur des archives inédites. En expliquant l’énigmatique longévité de l’expérience, l’auteur réinterprète les grandes politiques républicaines de l’après-guerre, de la Sécurité sociale à la démocratisation scolaire.

Dans cet essai pionnier de microhistoire politique de la France contemporaine, Paul-André Rosental prend la mesure de l’héritage de l’eugénisme, idéologie scientiste et inégalitaire, en contexte démocratique.

L’eugénisme ne constitue pas seulement une théorie biologique qui hante les débats bioéthiques. De manière inattendue, il se révèle comme une théorie morale ayant pu imprégner cette norme de notre temps qui a pour nom « psychologie du développement personnel ».

576 p., janvier 2016 — EAN 9782020950275

 

Presse (sélection) :
La vie des idées, Olivier Faure, 13 avril 2016 : « l’histoire magistrale d’un phénomène essentiel de l’après-guerre français ».
France Culture, octobre 2016 (René Frydman) : « Pendant soixante ans dans un petit coin de Strasbourg et jusqu’en 1980, on pouvait être locataire d’une maison-jardin charmante, avec un loyer très intéressant à condition d’enfanter. Oui, enfanter une belle progéniture, sans quoi on ne restait pas ».