Jean-Michel Rey, Paul Valéry. L’aventure d’une œuvre

Attentif à la ruine des savoirs et à la crise générale des valeurs, Paul Valéry sait que la société se fonde sur le crédit, la signature, le contrat, le serment, autant de formes de croyances qui déterminent un « empire de fictions » (politiques, juridiques, économiques…). En dialogue avec le Freud de Malaise dans la civilisation, Valéry affirme « l’importance réelle de l’imaginaire » et l’efficacité du crédit, du fiduciaire dans la dynamique des mécanismes sociaux et dans la philosophie.

Cette anthropologie insolite conduit Valéry à l’hypothèse d’une « spiritualité du monde social », à la conviction que tout univers organisé est fragile et que seul le faire est porteur d’avenir.

Après avoir consacré des livres à Nietzsche, à Freud et à Péguy, Jean-Michel Rey propose aujourd’hui une biographie intellectuelle de Valéry en restituant la part d’intelligence qui naît de son écriture fragmentaire. Au fil des chapitres, nous croisons Léonard de Vinci, Descartes, Stendhal, Poe, Wagner, Mallarmé, Walter Benjamin et, toujours, Nietzsche et Freud. À l’écart du cliché le présentant comme un « poète officiel », Jean-Michel Rey rend Valéry aux excès de son œuvre contagieuse.

octobre 1991, 185 p., — EAN 9782020124096