Lydia Flem, Panique

Elle claque comme un coup de fouet. Elle jette à l’écart de soi, loin des mots, des analyses, de la raison, hors du sens. Les sentiments n’existent plus, elle occupe toute la place. Nue comme le fil d’une lame.

Comment décrire une attaqué de panique sans l’abraser ?

Qui ne connaît pas l’angoisse des espaces de la ville ne peut mesurer la terreur de quelques secondes d’arrêt au feu rouge. Qui ne vit pas l’angoisse d’être enfermé dans un ascenseur ou un avion ne peut imaginer, l’étendue de cet effroi. Ce n’est pas seulement la gorge qui se rétrécit, la respiration qui se bloque, l’asphyxie qui gagne, c’est un écartèlement de tout l’être, une dépossession de soi, la sensation d’une mort imminente.

L. F.

134 p., mars 2005 — EAN 9782020805858 — Lire un extrait

•  Psychologie : « Heure par heure, et parfois minute par minute, une femme raconte avec précision les crises de panique qui la submerge régulièrement. Dans les embouteillages, dans un musée ou dans un aéroport, elle décrit la respiration qui se bloque, le temps qui s’arrête, l’angoisse, l’effroi. Un texte d’une force peu commune, magnifiquement écrit, qui est aussi un témoignage rare sur un phénomène courant. »

• « Psychanalyste, Lydia Flem transcende sa discipline par l’écriture d’ouvrages qui, pour être d’une grande rigueur de pensée, laissent leur place à l’intuition poétique et littéraire. Cela s’est senti dès ses premiers livres, consacrés à Freud, qu’elle abordait sous l’angle de son humanité, au point d’écrire un Homme Freud, tout simplement. Son admirable Casanova ou l’exercice du bonheur a été traduit jusqu’aux États-Unis et en Chine. Plus récemment, Comment j’ai vidé la maison de mes parents a eu un retentissement international qui ne fait que se confirmer : le livre, tout récemment paru aux Pays-Bas, est sur le point de sortir en Pologne et en Argentine. Dans Panique, elle s’attaque à ces brusques accès d’effroi que la vie moderne provoque : un ascenseur, un avion peuvent plonger dans un malaise profond, à «une dépossession de soi», comme dit Lydia Flem. Un récit simple, jalonné par le temps qui se dévide. Une tentative de restituer la peur la plus quotidienne, banale, et pourtant insurmontable : cet exercice, comme la vocation du prix Schmits le recommande, a une réelle portée morale ». (Prix de l’Académie de langue et littératures françaises de Belgique (Prix Eugène Schmits 2005)

• Christine Marcandier, « Je suis sa prisonnière« , Diacritik, 5 mai 2020 : « Y a-t-il jamais eu des explorateurs de l’angoisse qui soient descendus en chute libre au fond de la panique puis en soient revenus pour en témoigner ? ». Une exploratrice certainement, Lydia Flem qui déploie l’un de ces moments que l’on nomme trop légèrement sans doute une « crise de panique » pour montrer combien cet état limite est une « expérience de l’intime extrême » ».