Jean Starobinski, Le Corps et ses raisons

Martin Rueff présente Le corps et ses raisons de Jean Starobinski, paru le 5 novembre 2020. Vidéo enregistrée en avril 2020.

À l’heure où nous achevons ces lignes, la pandémie qui ravage le monde nous rappelle, si besoin était, deux puissantes réalités auxquelles les Anciens avaient prêté toute leur attention au point d’en faire des piliers de leur sagesse : pas plus que la maladie n’affecte le corps seul, mais touche à l’être tout entier, aux sentiments, aux relations humaines, aux institutions, à la politique, la médecine ne se limite aux seuls faits du corps : c’est, elle aussi, une discipline du sens et il ne fait aucun doute que la même actualité nous enjoint à comprendre cette formule dans sa double acception. C’est une discipline qui doit considérer le sens et doit y ramener quand tout rend fou. Jean Starobinski pratiqua et étudia la médecine comme une discipline du sens.

Le corps a-t-il une histoire ? Madame Bovary avait-elle de la fièvre ? Pourquoi Molière se moque-t-il des médecins ? Les psychiatres soviétiques ont-ils révolutionné l’approche des maladies nerveuses ? Et encore : d’où vient la semence ? Le stress est-il une maladie ? Telles sont quelques-unes des questions étonnantes que Jean Starobinski affronte dans ses enquêtes d’histoire de la médecine. L’historien se penche sur les disciplines qui ont tenté de cerner les « raisons du corps » : il y a le corps des médecins, celui des philosophes, celui des écrivains, celui des peintres. Tous ces régimes de rationalité contribuent à la connaissance du corps qui ne cesse de déborder la raison et de s’y dérober. Le corps a ses raisons.

Martin Rueff

544 p., novembre 2020 — EAN 9782021238402

 


Libération, « Le Pouls des mots », Virginie Bloch-Lainé
, 11 novembre 2020
: « Jean Starobinski était-il le dernier de cette envergure ? Existe-t-il encore des passeurs aux connaissances encyclopédiques, qui dialoguent avec tact et avec une élégante distance, sans jargonner, avec des œuvres de l’Antiquité aussi habilement qu’avec des romans du XIXe siècle dont ils isolent des détails lumineux ? »

 

• Télérama, Juliette Cerf, 8 décembre 2020 : « Alors qu’il avait réussi à orchestrer, en 2012, avec l’éditeur Maurice Olender, L’Encre de la mélancolie« , « Jean Starobinski tenait aussi, à raison, à publier cet autre ouvrage autour du corps, « fantôme » qui le hantait, et dont le critique, poète et traducteur Martin Rueff, héritier d’une partie de l’enseignement du maître à l’université de Genève, livre aujourd’hui une remarquable édition, précise et subtile, accompagnée d’une préface extrêmement fouillée. »