Appartenant à des disciplines différentes et, pour certains, acteurs d’une histoire toujours en cours, les auteurs de ce volume se posent la question suivante : comment est-on passé en Afrique du Sud de l’apartheid, aboli en 1993, à la réconciliation nationale, de la guerre civile à la paix civile ? La réponse se trouve dans l’importance du rôle joué par la Commission Vérité et Réconciliation, instaurée en 1995.
Les travaux de cette Commission ont eu pour vocation de jeter « un pont historique entre le passé d’une société profondément divisée […] et un avenir fondé sur la reconnaissance des droits de l’homme, sur la démocratie ».
Face aux problèmes soulevés par ce type de « justice » sans tribunal, à l’importance accordée au « pardon » qui peut, ou ne peut pas, instaurer de la paix civile dans une démocratie, les propositions soutenues par les auteurs ne sont pas convergentes: c’est de leurs regards croisés que naît la dynamique de ce volume qui engage à des réflexions contradictoires.
Charles Villa-Vicencio
Entre histoire et anthropologie, poursuivant ses réflexions sur les pratiques du comparatisme, Marcel Detienne, en compagnie d’une équipe de chercheurs, veut comprendre comment se constitue une « assemblée » politique, quelles sont les règles qui président à une prise de parole. Ou encore: comment se dégage une représentation des affaires communes nées de pratiques collectives ? Quelles sont les formes que peut prendre une « opinion publique » ?