L’observation de la destruction des Juifs d’Europe à la loupe permet de renouveler l’histoire de la Shoah. Cette démarche micro-historienne structure l’ensemble du volume. Le déplacement des échelles d’observation confirme que la richesse d’une source d’archive dépend du cadre d’analyse déployé afin de l’interroger. En outre, le changement d’échelle éclaire d’un jour nouveau la place du « moi » dans sa relation avec l’écriture historienne. Lire la suite
Le Genre Humain
Le Genre humain 2011/2 : La démocratie dématérialisée. Enjeux du vote électronique (n°51)
« Démocratie et vote sont indissociables : un couple inséparable qui, malgré la diversité qu’il autorise, reste le fondement de notre exercice politique premier. La culture numérique, on ne cesse de le répéter, modifie d’une manière inédite le paysage socio-politique de nos sociétés ; elle fragilise les intermédiaires classiques et invite les autorités comme les citoyens à imaginer un nouveau modèle du politique. Malgré cette actualité, on a rarement posé la question du rôle et du statut du vote électronique. Pourtant la question est importante, voire urgente. Les essais rassemblés par Laurence Favier dans ce volume du Genre humain le montrent. »
Milad Doueihi
« Le vote électronique pourrait introduire davantage qu’une nouvelle liturgie de l’élection : au-delà de la controverse technique, ce sont des catégories conceptuelles dont il s’agit de débattre, celles qui ont défini le vote comme mode de décision, en particulier le vote confidentiel comme expression démocratique. Lire la suite
Le Genre humain 2011/1 : L’archéologie comme discipline ? Du colloque à la publication (n°50)
Reconstruire une réalité passée à partir de quelques indices est une préoccupation vieille comme l’homme. Cette forme de raisonnement est en partie celle du chasseur, des premiers historiens grecs… puis de nos détectives.
L’archéologie comme métaphore a influencé le champ des sciences de l’homme et celui de la philosophie – l’œuvre de Foucault en est l’exemple le plus éclatant. On sait aussi combien l’archéologie a été importante dans les recherches psychanalytiques de Freud. Lire la suite
Le Genre humain 2010/1 : Vitesses limites (n°49)
Alain Fleischer incite ici des auteurs venus d’horizons divers (philosophes, scientifiques, spécialistes de l’information, de la communication, des sciences politiques ou du cinéma) à nous livrer leurs réflexions sur la vitesse.
On connaît l’importance de la vitesse dans les technologies contemporaines, par exemple via les réseaux à haut-débit et jusqu’à cette notion de temps réel, une réalité du temps qui signifie l’immédiateté, l’instantanéité, la synchronie généralisée, en dépit des distances d’une part, mais aussi des différences de nature, entre les interactants, avec pour limites, à ce partage d’un même temps, la vitesse de la lumière ou celle de l’électricité, quelle que soit la puissance de calcul. Ce temps réel dans le transfert des données trouverait son idéal dans le transport instantané des corps vivants par téléportation – un des plus vieux mythes de l’humanité traduit aujourd’hui en hypothèses techniques. Lire la suite
Le Genre humain 2009/1 : L’Impensable qui fait penser. Histoire, théologie, psychanalyse (n°48)
Qu’ils concernent le pur amour, le péché philosophique ou le péché contre le Saint-Esprit, la question de l’origine (et de l’originaire), la mélancolie, l’abandon du Fils, les travaux de Jacques Le Brun sont animés par un mouvement qui fait corps avec leur objet même: la pensée de l’impensable, ce qui est producteur de pensée dans le défi de l’impossible à penser, ce qui fait écrire tous ceux qui au XVIIIe siècle tournent autour de ces impensables, mais aussi ce qui fait écrire Jacques Le Brun lisant ces textes. Comment définir les propriétés de ces impossibles ? Peut-on en esquisser un modèle général, ou sont-ils des figures irréductiblement singulières – à l’image des figures du pur amour ? Si l’on peut considérer ces impossibles qui font penser comme fortement ancrés dans un champ de référence théologique, alors leur déplacement contemporain, dans la psychanalyse par exemple, fait-il de ces objets théologiques la figure d’un impensable que serait devenue la théologie elle-même ? Lire la suite
Le Genre humain 2008/1 : La Conscience de soi de la poésie (n°47)
Comment distinguer le poétique des autres expériences fondamentales de l’existence et de la pensée? Comment en comprendre l’autonomie ? Qu’en est-il, de ses rapports avec la religion, la croyance ? En quoi peut-elle être la pensée critique qui délivrera la société de sa propension aux idéologies qui aiment la mort et veulent le meurtre.
Dans ce volume, anthologique, il s’agit de La conscience de soi de la poésie : de l’idée que ceux qui l’écrivent se font, plus ou moins consciemment, de leur vocation et des conséquences de celle-ci dans leur rapport à la société et à eux-mêmes. Mais il y est question aussi du rapport que la poésie a entretenu en Europe, et depuis Dante et Pétrarque, avec son propre projet, qui fut abordé de diverses façons à travers l’histoire. Lire la suite
Le Genre humain 2006/1-2 : Origines du langage. Une encyclopédie poétique (n°45-46)
Longtemps poètes, théologiens, philosophes puis romanciers ont rêvé de découvrir la source secrète du langage souvent confondue avec la première langue de l’humanité.
Quels sont les motifs de ce désir d’inventer des fables théoriques pour saisir les origines de ce qui peut apparaître comme la part la plus humaine de l’humain: le langage ?
De Babel au parler des bêtes et des dieux, de l’enfant sauvage aux rêveries étymologiques, de Platon à Varron, d’Augustin à Balzac en passant par Herder, les auteurs de ce volume soulignent combien théorie et fiction, savoir et poétique sont ici étroitement imbriqués.
Sans oublier que, hier comme aujourd’hui, les querelles sur la naissance du langage peuvent trouver leurs formulations lors de débats religieux, scientifiques et politiques souvent associés dans une même course aux origines.
Maurice Olender Lire la suite
Le Genre humain 2005/1 : Le Droit de résistance à l’oppression (n°44)
La contradiction paraît évidente entre le devoir d’obéissance aux lois, dans un système juridique donné, et le droit éventuel de désobéir à ces mêmes lois. Le juriste s’interroge : à partir de quel degré d’iniquité y a-t-il un « droit de résistance à l’oppression »? Et ce droit, serait-il alors « un droit contre le droit » qui autoriserait, par exemple, un devoir de résistance du fonctionnaire ? Y a-t-il un principe juridique, d’ordre constitutionnel, qui peut garantir le droit et le devoir de dire non à l’arbitraire, à la violence tyrannique, à l’oppression? Y aurait-il une légalité de l’insoumission?
Partant du droit de s’opposer à la tyrannie, depuis le Moyen Âge jusqu’à la Résistance (1940-45), les auteurs de ce volume, historiens, philosophes et juristes, font l’histoire de ce « droit de résistance à l’oppression », qui se trouve inscrit dans l’Article 2 de la Déclaration de 1789, repris en tête de la Constitution de 1791. Lire la suite
Le Genre humain 2004/2 : Vérité, réconciliation, réparation (n°43)
Appartenant à des disciplines différentes et, pour certains, acteurs d’une histoire toujours en cours, les auteurs de ce volume se posent la question suivante : comment est-on passé en Afrique du Sud de l’apartheid, aboli en 1993, à la réconciliation nationale, de la guerre civile à la paix civile ? La réponse se trouve dans l’importance du rôle joué par la Commission Vérité et Réconciliation, instaurée en 1995.
Les travaux de cette Commission ont eu pour vocation de jeter « un pont historique entre le passé d’une société profondément divisée […] et un avenir fondé sur la reconnaissance des droits de l’homme, sur la démocratie ».
Face aux problèmes soulevés par ce type de « justice » sans tribunal, à l’importance accordée au « pardon » qui peut, ou ne peut pas, instaurer de la paix civile dans une démocratie, les propositions soutenues par les auteurs ne sont pas convergentes: c’est de leurs regards croisés que naît la dynamique de ce volume qui engage à des réflexions contradictoires.
Charles Villa-Vicencio
Le Genre humain 2004/1 : De la comparaison à l’histoire croisée (n°42)
Né de la démarche volontaire de chercheurs issus d’horizons différents, ce volume résulte d’un croisement de disciplines dans les sciences sociales.
L’histoire croisée propose une nouvelle approche interdisciplinaire se nourrissant du comparatisme. Envisagée sous cet angle, elle trace des pistes inédites pour une Europe qui refuse de se réduire à la somme de ses histoires nationales. Ce volume contribue ainsi à l’écriture d’une histoire européenne transnationale ouverte sur l’avenir.
Une telle perspective se fonde sur un réseau d’interrelations dynamiques. Ainsi, comment construire aujourd’hui, en Europe, notamment entre l’Allemagne et la Turquie, un objet « islam » transnational ? Lire la suite